mardi 20 juin 2017

Marineland, par ici la sortie !

Billet invité d'Isa vdWende


Beaucoup de félicitations… mais également de reproches récurrents ! à la lecture de moults commentaires suscités par les multiples diffusions d'une simple photo qui fait un gigantesque buzz inattendu sur Internet (*), au point d'atterrir sur le Huffington Post et d'être également reprise sur la presse locale (Nice-Matin en l'occurrence) - et même la TV nationale (BFM) - pour décliner une sortie scolaire (vers un lieu largement controversé... et en déclin !).

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Nice-Matin du 18 juin 2017

Il est assez amusant de constater, que lorsqu'on n'a pas grand-chose à pouvoir redire sur le fond, l'on s'attaque à la forme.
Ainsi taxée de « vantardise » pour avoir, comme n'importe quelle maman lambda, publié sur son mur Facebook, une anecdote personnelle (comme si avoir des valeurs envers les Animaux et les mettre en oeuvre au quotidien devait être honteusement caché ?!), entre divers conseils en « éducation », en « communication », et critiques surprenantes, (de la part de personnes qui n’auraient probablement elles-mêmes jamais osé lever le petit doigt), et même des insultes !  l'auteure se voit également reprocher de la « condescendance ».
Ce qui ne manque d’ailleurs pas de sel (marin ?) en comparaison de la condescendance paternaliste bien souvent renvoyée aux défenseurs d’animaux, eux aussi jugés qualité et quantité négligeable, de par la supériorité que s’octroie l’Homme « bien pensant » martyrisant cependant sans vergogne ni remords ses voisins généalogiques.

Certes, une « instit’ » qui se reprend incisivement dans les canines le réel contenu de la sortie prévue, telle l’enseignante enseignée, qui plus est par une mère d’élève, cela n’est pas forcément plaisant mais c'est un fait : à l'heure où l'Ecole de la République se prend les pieds dans le tapis, (comme il y a peu un toréador funestement dans sa cape « de lumière » !), pour, à côté de connaissances académiques, espérer inculquer aux enfants empathie, savoir-vivre ensemble, et laïcité, il est grand-temps que les parents - qui n’ont eux nulle vocation à puérilement « faire plaisir à la maîtresse » - rappellent leur propre rôle dans l'éducation de leurs enfants quand l'école se mêle en toute inconscience conformiste spéciste et dogmatique, de dévoyer ces mêmes valeurs, à commencer par Liberté Egalité Fraternité !

C’est pourtant poliment, et avec douceur (que je n’ai guère), que ce refus a été exprimé didactiquement, afin de faire émerger une réflexion qui n’a sans doute pas eu lieu jusqu’à présent, sur une aberration incontestable (que l’institutrice n’a d’ailleurs aucunement contestée dans sa réponse laconique mais tout aussi courtoise, l’assurant de sa compréhension).
Il ne s’agit nullement d’une « attaque » ni d’un « règlement de comptes » irrespectueux, l’anonymat de l’école ayant strictement été respecté, seuls les protagonistes divers se reconnaîtront, et le « mot » a été dûment reçu en direct par sa destinataire, auquel elle a répondu par le même canal du carnet de correspondance, medium classique et attendu pour recueillir les signatures et autorisations parentales diverses.
Je vois mal ce qu’il y a de « pompeux » dans la formulation, on ne peut guère plus simple et élégante - à moins d’avoir puisé ses cours de français élémentaire en traînant trop sur Facebook ?! - on peut décemment supposer et se rassurer, qu’une maîtresse d’école, elle, ne devrait pas être heurtée par un style littéraire.
Un adorable « coeurdialement » de conclusion est très poétique comme néologisme, aussi peu agressif que caustique - et certainement pas de nature à déclencher des foudres, dévoilant au contraire la sensibilité de cette jeune femme pacifique, n’ayant pas pu échapper préalablement à l’école, étant donné la date au calendrier - ni à tout curieux de sa page Facebook qui incite à une grande zénitude ! et telle qu’elle m’est également apparue en la contactant personnellement.


Surprise de cette polémique, mais en fin de compte satisfaite de la visibilité imprévue, qu’ aussi bien ses ardents supporters, que ses détracteurs, en étonnants Social Justice Warriors improvisés et héraults auto-proclamés de l’Ecole primaire, se chargent de lui donner, A. a arrêté de donner suite aux éclaboussures de ce court pavé dans la mare (in Land !). Elle m’accorde toutefois volontiers l’autorisation de rebondir sur ce blog.

Un commentaire (**) en particulier a retenu mon attention, et mérite un développement sur le fond.

P.P. « Persuadée que les enfants ont conscience de la détresse animale, cette maman a bien fait, si tel était le choix de son fils. Par contre, on peut s'interroger sur le but de dévoiler ainsi  son mot  d'excuse.
De plus, quel est l'intérêt pédagogique de ce genre de sorties (cf instructions officielles) ?
En zep, nos élèves vivant dans des squats et autres joyeusetés rêvaient d'aller au parc Astérix, on a, donc produit un projet pédagogique pour le  moins improbable sur la conquête de la Gaule, et donc l'intérêt historique de cette sortie, on en pleurait  de rire et de prises de tête en salle des maîtres. L'inspecteur, humaniste, grand seigneur et pas dupe, a validé. Un excellent moment pour nos élèves  o_0 »

Il est totalement navrant que le Parc Astérix, essentiellement dédié à l'amusement des visiteurs sous forme aquatique dans des embarcations, commette cet amalgame absurde entre le thème d'une BD humoristique n'ayant rien à voir avec les dauphins mais exhortant à la liberté et la résistance contre la loi du plus fort ! ET un « spectacle » débilitant d’êtres intelligents emprisonnés arbitrairement et asservis jusqu'à leur mort, puisque telle est la volonté actuelle des exploitants/teurs... tels les Jeux Romains pourtant dénoncés caricaturalement dans cette même BD ! C'est aussi cautionner et rentabiliser cet esclavage que d'y payer une entrée.
Un « but pédagogique » - même déguisé - est-il vraiment suffisant pour le justifier ? même si je suis la première à féliciter une recherche d’intérêt et de motivation avec préparation d’une classe pour une sortie « à thème » pertinente - ce qu’a toujours privilégié ma propre mère dans sa pratique professionnelle.

A titre personnel, nous ignorions la présence de ces dauphins lorsque nous y avions amené, en toute innocence, nos enfants en sortie familiale, cependant et dorénavant, ceux-ci n'y mettront plus les pieds tant que cette « attraction » saugrenue persistera, (et selon leur propre aveu, ce n’est même pas si amusant que cela de passer son temps à se faire mouiller).

Le Marineland d'Antibes n'ayant, quant à lui, rien d'autre à exhiber qu'un bagne d'animaux qui n'ont strictement rien à faire là et encore moins sous le climat torride de la Riviera (orques arctiques ? ours polaires ?!), dans une scandaleuse exiguïté, forcés à exécuter des acrobaties sur commande ou tourner en rond, pour une « pédagogie » nulle et non avenue sur des animaux captifs et privés de tout ce qui leur est essentiel ! aucune hésitation à avoir pour boycotter ce mouroir de la honte - qui plus est pour une sortie de fin d’année, n’ayant plus aucun lien avec l’enseignement lui-même en toute fin juin quel que puisse en être le contenu culturel. Il s’agit de divertissement pur, et d’imaginer ce qui pourrait « plaire » aux enfants et les occuper toute une journée conviviale…

Encore heureux ! que certains de ces enfants, perçoivent d’eux-mêmes, et parfois de façon plus aiguë que les adultes de leur entourage, sans même le devoir à leur éducation, l’incongruité qu’il pourrait y avoir à trouver plaisant de contempler des prisonniers innocents, voire en tant qu’enfant, d’assister à une démonstration d’obéissance forcée pour de futiles motifs - en plus de ne pas être dupes de l’ineptie d’une piscine de pacotille comparée à l’immensité de la Mer.

Il est encore plus heureux ! que d’autres Enseignants apprennent à apprécier l’importance du respect envers les animaux marins, sans rien manquer pour autant de leur physiologie ni de leurs besoins dans le Grand Bleu, au lieu de susciter et encourager l’égoïsme la lâcheté et la paresse de se les voir livrés sur un plateau d’échouage pour aller les regarder comme un musée vivant, et pire ! s’en amuser.

[ Remerciements chaleureux à mon amie Chiara, professeure qui ne tombe pas dans le panneau... publicitaire ! pour son investissement, non à traîner des élèves dans un delphinarium, mais à leur enseigner la valeur de la liberté et de la responsabilité des humains envers les cétacés pour la leur assurer.
Remerciements cordiaux à sa jeune élève Virginia, qui m’a permis de reproduire son magnifique dessin, qu’elle a eu selon ses propres dires un immense plaisir à réaliser en classe-même avec ses camarades, sur le thème des dauphins captifs… ]

<<<<< dessin d’école responsable >>>>>
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Alors bravo à cette Maman et son jeune Fils, et leur courage, d’oser braver le diktat non-écrit, lui, qui consiste bien souvent à « ne pas la ramener » auprès d’un maître d’école, abusivement considéré comme seul maître à bord dans des choix pédagogiques hors-programme (pusillanimité parfois séquelle d’un autoritarisme mal vécu par les parents eux-mêmes en tant qu’ anciens élèves). Il est déjà parfois suffisamment difficile de faire valoir son libre-arbitre, comme par exemple dans le cas de vaccinations imposées contre la volonté de la famille, pour ne pas se croire obligés de se soumettre à une décision qui ne présente aucun caractère obligatoire ni réglementaire.

Appelons un dauphin un dauphin ! Agir individuellement contre des habitudes collectives nocives mais hélas ancrées, s'insurger contre les « traditions » cruelles sans fondement ni utilité, et les dénoncer personnellement, plutôt que les subir ou se contenter de d’y soustraire discrètement avec de faux motifs, est la clé des changements de société.

Merci à cette Maman et son jeune Fils, et leurs valeurs de compassion, de refuser sans docilité ni ambiguïté, par cette initiative… sarcastique, la complicité complaisante envers la souffrance imposée à des Animaux, exemples à adopter du courage de résister et s'opposer à la mentalité ambiante de « normalité » de la fréquentation d'une institution locale promue par une Institution nationale, sans remettre en cause à quel point elle est, justement ! anormale et amorale.

L'Education Nationale porte une grosse responsabilité à pérenniser des « sorties » payantes, enrichissant non l'intellect des bambins qui leur sont confiés, mais les tenanciers et actionnaires de cette activité sordide.
[ Voir un précédent article de ce blog, datant d’il y a presque un an déjà - mettant en exergue la collusion plus ou moins volontaire, de l’Ecole et du marketing agressif du Marineland ciblant les enfants : http://stop-marineland-antibes.blogspot.fr/2016/07/supplique-aux-enseignants_2.html ]

Gageons que ce Monde Enseignant, maintenant informé que toutes les familles, et encore moins tous les enfants, ne souhaitent pas applaudir des deux mains de consternants spectacles ni de s’y faire emmener, réfléchira à deux fois, avant d'organiser de telles sorties collectives, sur le but réellement recherché, devançant une sortie ! de la scène « récréative »,  de ce cirque aquatique avec animaux sauvages, amené à fermer à terme alors qu'il n'aurait jamais dû ouvrir, suite à un Arrêté reconnaissant de fait la maltraitance de ces orgueilleuses mais minables installations, et le mettant hors des normes désormais exigées.

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======== Exemple de commentaires sur FaceBook (17 juin)  =============

HB J'entends et je comprends votre cause. Par contre je ne valide pas du tout votre façon de faire. Autant le mot est compréhensif autant le mettre sur Facebook pour faire la maline ne me semble pas digne des valeurs de vous prônez. Une sortie de classe c'est un projet sur du long terme, c'est de l'organisation et de la bonne volonté. Vous faites votre buzz sur le dos de la maladresse de l'enseignante. Pas très zen tout çà.

PP je ne vois pas le rapport car "la maladresse "de la maîtresse n' est pas mise en cause puisqu' elle ne fait que le travail qu' on lui a demandé de faire. Ce post est, pour moi, un exemple a suivre de quelqu' un qui respecte ses propres valeurs avec franchise et intégrité .Valeurs qui sont, il faut le reconnaître, admirables !

HB
PP pour moi la réponse est certes franche mais elle n'est certainement pas admirable. Pas au point d'aller en plus se venter. Il s'agit juste de refuser une sortie scolaire ... Prendre le boulot d'une personne, le démolir par écrit et publier le tout à la face du monde çà n'est pas admirable.

IW
HB ah parce que maintenant il faudrait avoir honte ?
de s'opposer au "système établi "- celui qui consiste à ce qu'une gourde trouve sans doute "admirable" de traîner les gamins de sa classe "admirer" des esclaves en boîte au motif qu'elle est "enseignante" ?! bravo "l'enseignement", et si c'est elle qui prend une belle leçon professionnelle, retour à l'envoyeur ! moi si, j'admire ! peut-être qu'elle prévoira autre chose qu'une sortie de m... la prochaine fois.

FB
Je rejoins HB. La cause est plus que défendable mais ce n'est pas en mettant la tête des gens sous les colibets et moqueries qu'on change leur vision des choses au contraire. Les instituteurs font aussi de leur mieux et à mon sens la façon de faire est irrespectueuse et hautaine. Peut-être même condescendante. Prendre une leçon de moralisation n'aura qu'une seule conséquence. Cette institutrice n'organisera plus de sortie scolaire....

HB
IW Que rajouter de plus ? Vos propos illustrent tellement ce que je dénonce…

MB
La Direction de la Communication de Marineland nous avait pourtant prévenu…
STOP-MARINELAND-ANTIBES.BLOGSPOT.COM

IW
HB ici ce qui est "dénoncé", c'est l'indigence de la réflexion préalable des organisateurs, entre "amusement" prodigué (?!), récompense de fin d'année aux enfants (chacun son truc, les dauphins ont du poisson mort pour avoir "bien travaillé"), strict inintérêt pédagogique même pour les SVT et à travers cela, enseigner... le manque d'empathie envers AUTRUI (celui qui est enfermé à vie pour distraire la galerie, pas les instits conscients de leurs responsabilités, qui n'ont aucune raison de se sentir visés)... si c'est de la con-descendance, le préfixe n'est pas de mon fait.

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NOTES
(*)  il devient impossible d'établir un press-book exhaustif de ce raz-de-marée médiatique !
(** ) commentaire supprimé en ligne après la parution de cet article

NDLR 1 : Le problème de la propagande du Zoo Marin assurée par l'Education Nationale a déjà été évoqué plusieurs fois sur le Blog, pour se reporter aux billets sur ce thème, cliquer sur l'index «Education Nationale» ci-dessous.

NDLR 2  : le fait n'est pas nouveau comme on le constatera également ICI et encore LA

mercredi 7 juin 2017

La complainte du dresseur de Marineland

Billet invité d'Isa vdWende


Video sur le site de France3
(article du 01/06/2017)

« Qui peut me dire qu'ils ne sont pas bien ? »

…peut-être les dauphins eux-mêmes, qui meurent à la chaîne des conditions non physiologiques de la captivité ?! mais sont remplacés discrètement par des inséminations - enfin quand cela n'aboutit pas à des morts-nés (ce soigneur a la mémoire courte s'il exerce là depuis 25 ans !) ou des morts de bébés (comme récemment à Planète Sauvage).
Pour le reste ma foi, c'est trop facile de se boucher les yeux pour ne pas voir la détresse et les stéréotypies, les brûlures du soleil et du chlore, les morsures de conflit et les blessures contre les obstacles...
Comme ils ne s'expriment pas en langage humain, c'est trop facile de ne pas écouter pour ne pas entendre, mais peut-être que son ouïe d'humain bien que très peu développée par rapport à un cétacé, a également souffert des spectacles tonitruants et autres pyrotechnies blessantes auxquels ont également été soumis ces esclaves depuis ces mêmes années d'incarcération forcée ?!

« Côtoyer » le monde scientifique (celui qui paie pour faire des expériences chez Marineland, ce qui rapporte en plus des spectacles ?!) ne décerne aucune qualification ni compétences vétérinaires pour juger de l'état de santé physique et mental de ces êtres supérieurs privés de l'immensité des océans planétaires, aussi bien en surface qu'en profondeur, ridiculement non respectée dans les aquariums de ce parc (quand bien même fussent-ils mis aux normes minimalistes du nouvel Arrêté sous 3 ans).

Qui le dit ? une légion de biologistes indépendants non rémunérés par ces parcs, dont la très connue Docteure Ingrid Visser, qui a consacré ces mêmes 25 années à une observation en milieu naturel d'individus libres, lui permettant une comparaison sans conteste et une expertise professionnelle mondiale.

Qui le dit ? Ric O'Barry, un ex-dresseur, qui se repent désormais d'avoir initié le goût immodéré du public à admirer les cabrioles de cétacés, en ayant dressé les actrices du film Flipper, avec une expérience hélas bien plus importante, que ce consternant quart de siècle rémunéré à pérenniser l'atrocité de ce vol de liberté et de libre-arbitre contre euros trébuchants...  trébuchant surtout sur l’inadéquation de structures artificielles peinant à les maintenir en vie. 

Est-ce l'hypocrisie ou la bêtise, qui pousse dans un même élan, à affirmer que « ces animaux s'adaptent énormément »... contre toute évidence en ce qui concerne leur béton  « natif » et surtout sans autre choix, et leur dénier cette même adaptabilité pour leur refuser une mise en liberté inscrite dans leurs gènes, dont ils n'auraient jamais dû être privés, ainsi que vouloir continuer à créer de nouveaux prisonniers « à tout prix » (celui dérisoire de son salaire, extrême celui de la réclusion, la reproduction forcée et l'exploitation d'êtres sentients reconnus comme des personnes non-humaines en Inde) ?!

Déclarer qu'ils n'aient « rien connu d'autre » - à qui la faute ?! - pour justifier l'inertie, revient à refuser l'aumône à un pauvre hère au motif qu'il n'a toujours connu que la misère : plus encore qu’agrandir les bassins, c'est la mentalité restreinte d'esclavagiste cupide et d'abus de position dominante des complices des actionnaires étrangers, à qui ces maltraitances rapportent en bout de chaîne, économique plus qu’alimentaire, qu'il faudrait abolir !
Il est sans doute plus aisé d'arrêter d'inséminer du sperme que d'insuffler une lueur de moralité à laquelle l'idée saugrenue d'enfermer un jour des cétacés dans du chlore a manifestement échappé, et échappe encore entre les rares neurones de ces dresseurs de cirque aquatique, utilisés à l'insu de leur plein gré au mieux comme maquereaux prostituant pour un parrain des femelles enceintes et leurs enfants séquestrés, ou pire encore, comme tortionnaires volontaires échappés... d'un laboratoire de Milgram (1).

Le chlore lave plus blanc les blouses blanches, mais pas les cerveaux.

« Nous et nos enfants sommes nés pour mourir, mais aucun de nous est né pour être esclave » 
- Laurence Sterne - Maximes pensées & lettres (1768)
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(1) Voir ICI à la fin du billet;

dimanche 21 mai 2017

Suite… et fin de Marineland ? ou l'abolition «progressive» de l'esclavage.



Bouteille à moitié vide ou pleine ?, telle était la question faisant débat dans les diverses communautés s'opposant à la captivité et à l'exploitation commerciale des cétacés dans les Parcs Marins quand le Ministère de l'environnement lançait sa consultation publique.
Rendre un peu plus supportables des conditions de vie atrophiées mais moralement inacceptables était l'objectif à atteindre pour les uns.
Pour les autres : le « moindre mal » étant toujours le Mal, ils considéraient que ce niveau de « mal » n'étant pas négociable, il fallait interdire sans concession ces lieux d'exploitation et d'asservissement d'êtres vivants.

La bombe a explosé le 3 mai : la reproduction des cétacés sera désormais interdite dans les Parcs Marins français.

Une sorte de Jugement de Salomon satisfaisant les uns comme les autres tout en donnant au troisième le temps de se réorganiser et au personnel de changer de métier.

On trouvera regroupés ici la lettre ouverte des soigneurs (dresseurs ?) du Marineland d’Antibes, la pétition immédiate dûment mise en place et la réponse de Sea Shepherd France.

On observera que la contre-pétition de C'est assez « explose » quant à elle avec dix fois plus de signatures à ce jour que la pauvre supplique du Marineland d'Antibes.

La foudroyante fronde anti-arrêté n'aurait pu en effet venir des actionnaires sous peine d’un fou-rire incoercible - même des moins renseignés - à l'évocation des prétentions éthiques de cette usine à fric bien assimilées et régurgitées par le personnel.

Les « gentils-soigneurs » visiblement un chouilla neuneus mais soucieux de conserver leur boulot sans se poser trop de questions qui fâchent sans risquer des courts circuits neuronaux se sont donc fait promptement instrumentaliser par leur direction afin de monter aux créneaux et produire cette « lettre ouverte» dégoulinante du pathos le plus larmoyant que peut engendrer la littérature de gare, osant même en appeler pathétiquement au sens de la famille.

Ils s’épanchent là sans pudeur, nous parlent essentiellement d’eux-mêmes et de leur sentimentalité de pacotille 100% anthropomorphique… pour s’insurger principalement (et comme par hasard) contre l’interdiction de la reproduction des animaux alors que, soyons clair, ni les dauphins, pas plus que les orques n’ont jamais demandé à vivre claustrés dans ces bassines où on les stimule, jusqu’à pratiquer la branlette des mâles sans doute pour qu’ils puissent - à les entendre - mieux s’épanouir…

C’est lamentable intellectuellement, et tout simplement indigne.

Mesdames, messieurs montreurs de baleines essentiellement au service des actionnaires dont vous êtes les employés, si vous ZAIMEZ les animaux plus que vous-même, c’est à dire au-delà de votre plaisir personnel égocentré, vous vous êtes trompés de job.

C’est moche et c’est difficile pour tout le monde de se remettre en question, soit… mais vous pourriez au moins tenter de demeurer dignes et nous laisser espérer que vous avez un peu de recul et de jugeote en continuant à vous taire…


Arrêté du 03 mai 2017, paru au Journal Officiel le 06 mai.

Arrêté du 3 mai 2017 fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés.
«La reproduction des orques et des dauphins actuellement détenus en France est désormais interdite. Ainsi, seuls les orques et les dauphins actuellement régulièrement détenus peuvent continuer à l'être, sans ouvrir à de nouvelles naissances.»

Lettre ouverte des soigneurs de Marineland concernant l'arrêté du 03 mai 2017

Trois bassins, trente soigneurs, une équipe, et le même besoin de ne plus rester silencieux, parce que la vie nous importe.
Nous, les soigneurs de Marineland n'avons jusqu'à maintenant jamais réagi aux accusations de maltraitance envers les dauphins et les orques sous notre responsabilité, même si elles ont toujours été extrêmement blessantes.

En effet, elles le sont parce qu'elles sont fausses, parce que nous savons ce que nous apportons aux animaux.

Nous avions choisi de nous taire car elles ne sont pas proférées par des scientifiques ou des professionnels et pourtant l'impact sur l'opinion publique est énorme.

Si votre voisin est accusé de maltraitance envers sa famille, peu importe que les faits soient avérés ou pas, vous ne le regarderez plus jamais de la même façon.

Mais comment pouvez-vous penser une seconde que nous soyons capables de les maltraiter ?

Aujourd'hui nous devons réagir parce que nous ne sommes plus les seuls touchés, les conséquences vont directement impacter les animaux puisqu'il a été décidé par le ministre de l'environnement dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 mai d'interdire la reproduction des orques et des dauphins en captivité sans aucune concertation.

Cette décision est choquante car elle apparait dans un arrêté défendant le bien-être animal alors qu'elle le met en péril.

Sachez que nous avons choisi ce métier par amour des animaux.

Nous sommes des spécialistes expérimentés, formés, et passionnés.

Nous vivons avec les dauphins et les orques au quotidien. Ils nous donnent tout, nous leur devons tout.

L'expérience acquise au fil des années par les soigneurs présents chaque jour avec nos groupes d'animaux en les voyant évoluer, grandir, changer et se construire autour du groupe social nous permet de savoir ce qui est bon et bien pour eux.

Ces animaux avec lesquels nous partageons nos journées reçoivent des soins adaptés à leurs besoins :

Alimentation variée de qualité, stimulations intellectuelle et physique, enrichissement de leur environnement font partie des points primordiaux de chaque instant que nous passons à leur côté.

Notre unique objectif est de leur apporter toute l'attention nécessaire. Sachez donc que nous menons le mème combat. ce qui nous tient le plus à cœur est de protéger ces espèces et d'assurer leur bien être.

Oui nous faisons des séances interactives, oui nous donnons à chaque visiteur l'occasion d'aller au plus près de ces animaux, oui notre mission est de partager nos connaissances mais toujours et avant tout dans le respect et avec leur coopération, C'est grâce à la relation basée sur le respect et le partage que nous avons établie avec eux, que nous pouvons éduquer et sensibiliser chaque personne qui visite notre parc.

Des personnes de tout âge, des enfants, des assocIatIons soutenant des personnes atteintes de pathologie, des groupes scolaires, des familles, tous apprennent respecter le monde animal au contact des animaux.

Aucun livre, aucun reportage, si bien qu'il puisse être, ne saura remplacer cet instant. Parce qu'on est auprès de ces êtres vivants au quotidien, c'est une immense tristesse de ne pas envisager de futur pour ces ambassadeurs, « porte-parole » des océans, parce que les visiteurs nous ont montrés que mieux les connaître c'est mieux les protéger.


Enfin, cet arrêté présente de nombreuses incohérences. Vouloir améliorer les conditions de vie des animaux en captivité en interdisant la reproduction est un non-sens total. Comment peut-on parler de bien-être animal en les privant d'un des éléments indispensables à celui-ci ?

Nous aimons et respectons trop les animaux pour leur interdire le droit essentiel de se reproduire, essence même de la vie. Si la reproduction est interdite, c'est maintenant que commence la maltraitance.

Parce que la recherche nous a prouvé que ce sont des animaux très sociaux, la reproduction est la base de la survie du groupe, ainsi perpétuer l'espèce est un souci collectif.

Au-delà de la préservation de l'espèce, le respect des besoins physiologiques est une condition indispensable il leur bien-être, que nous nous devons d'assurer, comme le précise l'arrêté de Mars 2004, articles 10 et 17.

La privation de nourriture n'existe pas, la privation de vie sociale n'existe pas, la privation de reproduction ne doit pas exister si nous voulons continuer il respecter les animaux dans leur identité, ne nous demandez pas de les dénaturer.

Parce qu'aucun titre ne donne la légitimité d'enlever à Malou son instinct maternel, d'enlever à Rocky la chance de courtiser à nouveau les femelles, d'enlever à Dam la possibilité d'être père, et enfin d'enlever à Kai tout avenir.

Pour toutes ces raisons, nous, passionnés et amoureux des animaux, en notre âme et conscience, nous déplorons cette incohérente décision, et nous nous battrons parce qu'ils le méritent.

En tant que soigneurs qui aimons, respectons et soignons les animaux au quotidien nous souhaitons que la reproduction continue dans les parcs marins français pour le bien-être des dauphins et orques.

Afin que les générations futures puissent encore voir des êtres fantastiques dans les zoos, comme des millions de gens ont pu le faire jusqu'à maintenant. Et ainsi comprendre l'importance de protéger la nature et s'engager à la préservation des espèces en milieu sauvage.

Nous protégeons ce que nous aimons
Nous aimons que nous comprenons
Nous comprenons ce que nous connaissons
Nous connaissons ce qu'on nous a appris.

Les soigneurs de Marineland

Source

Réponse aux dresseurs du Marineland (Sea shepherd France)

L’arrêté du 3 mai 2017, en plus d’imposer quelques mesures visant à rendre un peu moins pénible la privation de liberté imposée aux cétacés, a réservé une surprise de taille aux delphinariums : la fin de la reproduction des individus captifs - assortie d’une interdiction d’importation - et donc à terme, la fin de la captivité en France.

L’annonce a fait l’effet d’une bombe du côté des delphinariums, en particulier au Marineland d’Antibes. Et pour cause, elle sonne le glas, à moyen terme d’une industrie lucrative, particulièrement pour le fond de pension britannique Arle Capital Partners, principal actionnaire de Parques Reunidos, multinationale aujourd’hui propriétaire du Marineland, qui affichait en 2014 un résultat net de 5,5 millions d’euros.

Dans une lettre ouverte en réaction au passage de l’arrêté les dresseurs du Marineland s’insurgent contre les accusations de maltraitance qui ne s’appuient selon eux, sur rien de scientifique.

Pourtant, de nombreuses études scientifiques attestent d’une évidence qui n’est plus contestée que par les delphinariums eux mêmes : les dauphins nés ou vivant en captivité mènent une existence bien plus courte et plus morose que leurs congénères libres, bien en deçà de leurs besoins physiologiques, de leur organisation sociale complexe et de leurs aptitudes émotionnelles extraordinaires qui par bien des aspects, dépassent celles des humains.
En plus de les renseigner sur leur environnement, leur sonar agit comme un décodeur des émotions qui leur donne accès à un monde sensoriel que nous n’imaginons même pas.

Dans leur lettre, les dresseurs jurent leur amour des dauphins mais le caractère cruel et douloureux de la captivité n’a pas grand chose à voir avec le sentiment d’attachement réel que peuvent éprouver les dresseurs pour les dauphins captifs. Les dresseurs - pour la plupart - aiment certainement les dauphins. Les dresseurs repentis de cette industrie comme John Hargrove, ancien dresseur à Sea World et Marineland, apportent à ce sujet un témoignage éclairant et parlent d’un aveuglement, d’une forme de naïveté profonde qui les a conduits malgré tout l’amour qu’ils portaient aux dauphins, à se rendre complices de leur calvaire.

Mais si nous ne doutons pas de l’amour des dresseurs pour les dauphins, ils restent dans un rapport de domination et d’exploitation d’animaux qui n’ont pas choisi d’être là et dont les conditions de vie en bassins interdisent à leurs besoins et aptitudes naturels les plus élémentaires de s’exprimer, à savoir utiliser leur sonar pour appréhender le vaste monde qui les entoure, chasser en groupe, sonder jusqu’à 100 mètres de profondeur, parcourir une centaine de kilomètres par jour, surfer sur les vagues, choisir leurs partenaires parfois pour la vie...

Etrangement, de toutes ces privations, la seule qui semble insupportable aux yeux des dresseurs est celle là même qui perpétue leur triste destin, génération après génération : la reproduction. Souvent obtenue par insémination artificielle, et/ou imposée à des dauphins qui ne se sont pas choisis ou encore par rapport incestueux. Combien de morts nés ? (l’orque Freya à Antibes a eu au moins 4 mort-nés). Combien d’infanticides ? (le jeune Aicko à Planète Sauvage ou encore la petite Aloa au Parc Astérix) Combien de petits arrachés à leur mère et de séparations, comme la dauphine Femke qui se laisse actuellement mourir de chagrin au parc Astérix depuis qu’on lui a enlevé son fils Ekinox, transféré dans un autre delphinarium ?

Les dresseurs d’Antibes prétendent que grâce aux delphinariums, les visiteurs apprennent à respecter le monde animal. Mais il n’y a pas de respect dans la contrainte et dans la privation de liberté. Le message transmis par les delphinariums est qu’il est acceptable d’enfermer dans des bassins minuscules des animaux physiologiquement taillés pour parcourir le vaste océan. Des travaux récents démontrent une évidence déjà induite par le bon sens, à savoir que les spectacles d’animaux captifs amènent les enfants à chosifier ces derniers et ne leur permet pas de développer rapport respectueux et empathique au monde vivant.

Dans cette relation du dresseur à l’animal, même parée des meilleurs sentiments, il n’ y a pas de respect. L’animal reste soumis à la domination humaine.

Vous, dresseurs du Marineland, qui "vivez avec les dauphins et les orques au quotidien", vous ne partagez pas leur prison. Chaque jour, c’est de votre plein gré que vous entrez dans le bassin et chaque soir, contrairement aux dauphins, c’est en toute liberté que vous en sortez et rentrez chez vous, retrouver ceux que vous aimez, ceux que vous avez choisi. Vous qui savez à quel point la psychologie et les aptitudes émotionnelles des dauphins sont proches des nôtres, vous qui de toute évidence les aimez, ne pouvez vous pas faire preuve de davantage d’empathie ? Echangeriez vous votre place avec la leur ? Si la réponse est non, alors au lieu de nous combattre, aidez nous à leur donner les clés d’une nouvelle vie.

Une vie où leurs instincts, leurs comportements physiologiques, leurs capacités cognitives et affectives extraordinaires seront libres de s’exprimer à nouveau. Des dauphins captifs ont déjà retrouvé la liberté, c’est possible. Pour monter de nouveaux programmes de réhabilitation de ces orques et dauphins à la vie sauvage, toutes les bonnes énergies seront nécessaires, la vôtre y aurait tout son sens. Comme vous le dites dans votre lettre, vous leur devez tout. Alors vous leur devez bien ça.

Que cette génération de dauphins captifs soit la dernière mais qu’elle ne soit pas pour autant une génération sacrifiée.

Nous protégeons ce que nous aimons.
Nous aimons ce que nous comprenons.
L’amour ne connaît pas de prison.

Source
Note :
Chronique de 10 jours de stage au Marineland d'Antibes (en 2014) d'un humain doté d'un cerveau :
J'ai vu les coulisses de Marineland